16 novembre 2019

Des régles naturelles & zéro-déchet : la cup menstruelle


Lorsque j'ai eu mes premières règles vers l'âge de 12 ans, ma mère m'a tendu un paquet de serviettes hygiéniques en m'expliquant la vie : ce qui était en train de m'arriver, ce que j'allais ressentir et vivre chaque mois et comment j'allais pouvoir gérer ce phénomène féminin que sont les menstruations de la façon la plus sereine possible. 

Cependant, traumatisée par la première expérience de mes règles, qui sont évidemment arrivées sans prévenir en cours de sport en 6e durant lequel j'ai eu la très bonne idée de porter un jogging blanc, j'ai refusé catégoriquement les serviettes hygiéniques par peur du risque de fuite. Ma mère qui n'avait jamais rien connu d'autre au cours de sa vie, a du improviser et se renseigner sur les tampons. Pendant toute mon adolescence donc, j'ai toujours utilisé des tampons. A cette époque, complètement désinformée sur le sujet, je m'insérais chaque mois ce petit objet ouaté qui  faisait parti de mon décor, de mon univers de femme et donc me paraissait totalement anodin. Je ne pensais pas une seule seconde aux risques encourus pour ma santé et aux dangers environnementaux liés à son utilisation. Pourtant le tampon est une bombe à retardement.

ADIEU, AU REVOIR ET A JAMAIS LES TAMPONS !

Puis quelques années plus tard, j'ai commencé à approfondir le sujet des règles. Certaines études ont commencé à faire surface montrant la dangerosité des tampons qui sont littéralement bourrés de toutes les merdes de l'univers et qui laissent des fibres derrière leurs passages dans nos corps (idem pour les serviettes hygiéniques). Notamment la diffusion d'un reportage qui a fait clairement sens chez moi et qui a été l'élément déclencheur pour tout revoir au niveau de mon intimité : "Tampons, notre ennemi intime" (documentaire en replay ici).

Après avoir visionné ce documentaire et  appris l'existence du Syndrome du Choc Toxique (SCT), ça m'a littéralement donné des sueurs froides. Il était impossible pour moi d'insérer une nouvelle fois un tampon dans mon vagin. Pour rappel : le SCT est une infection rare mais cependant très grave et surtout mortelle causée par une bactérie appelée le staphylocoque doré. Il s'agit d'une bactérie qui prolifère dans le sang et qui peut toucher tout le monde : les hommes, les enfants et les femmes. Les femmes représentent la moitié des cas car il y a une corrélation avec les règles et le port des tampons.

Outre l'aspect sanitaire précédemment cité, il y a également le facteur écologique à prendre en compte. Car oui un tampon est un objet à usage unique évidemment et lorsque l'on est dans une démarche zéro-déchet comme la mienne c'est totalement inconcevable. De plus, c'est extrêmement polluant à produire, ce n'est évidemment pas biodégradable et pas recyclable ! Il faut savoir qu'au cours de sa vie, une femme utilise environ 11 000 tampons, qu'elle a ses règles environ la moitié de sa vie et qu'elle jetterait entre 100 et 150kg de protections périodiques. Je vous laisse imaginer le tas de déchets aux substances douteuses jetés dans nos toilettes ou dans nos poubelles.

Alors oui, qu'on soit claires : les tampons & les serviettes hygiéniques sont une invention complètement encensée dans laquelle les industriels ont investi des sommes énormes pour polluer nos corps & notre planète pour les faire mourir à petit feu. De plus, il faut rappeler qu'une boîte de tampons, toutes marques confondues, a un certain coût. Payer entre 5 et 6e pour des objets à usage unique destinés à la poubelle et qui en plus risque de nous tuer ... je pense que la décision est vite prise.

J'ai donc commencé à m'intéresser il y a 4 ans aux alternatives aux tampons. A l'époque, je me souviens m'être énormément documentée sur le sujet et j'ai fait le constat qu'il y avait peu d'informations et que l'on pouvait lire tout et n'importe quoi. A ce moment-là  les "cups menstruelles" commençaient à émerger et j'ai donc examiné cette chose sous toutes ses coutures ! J'avais clairement envie de passer à la cup pour ma santé, pour l'environnement et pour mon porte-monnaie.

LA CUP MENSTRUELLE ! KEZAKO ?

La cup menstruelle c'est ce petit réservoir à s'insérer dans le vagin et servant à récolter le sang durant la période des menstruations. Elle représente une bonne alternative zéro déchet et sanitaire aux tampons car elle est réutilisable et composée de silicone médical. La première fois que j'ai eu une cup entre les mains j'ai eu très peur et je me suis posée 10 000 questions : "comment vais-je pouvoir m'insérer ce truc dans le vagin ?", "mais comment ça fonctionne?", "ça doit faire mal !", "mais je vais avoir des fuites si elle ne se place pas bien !", "je ne vais jamais y arriver c'est sur !" 😝. A l'époque mon amie Ninah était la seule de mon entourage à porter une cup, elle m'a donné de précieux conseils et m'a rassuré, encore merci à elle car elle a participé à cette révolution dans ma vie de femme.

MON EXPÉRIENCE AVEC LA CUP & MES CONSEILS

Ma cup menstruelle est une Meluna Cup achetée sur un site bio et écologique appelé La Ferme des Peupliers. Mais il existe aujourd'hui des tas de marques qui sont vendues en boutiques bio,  en pharmacie et même en GMS. Voici mes conseils :

Conseil n°1 : investissez dans deux cups d'un coup afin de voir venir et pour ne pas vous retrouver à cours en cas de soucis avec votre unique cup surtout si vous n'utilisez que cette protection périodique.

Conseil n°2 : choisissez votre cup selon votre flux, votre morphologie, votre passé gynécologique. Il existe des tailles de cup différentes. Je vous conseille de suivre le guide du site où j'ai acheté à la mienne, à l'époque il m'a été d'une grande aide ! La cup est vendue avec son pochon de transport et il existe tout un tas de coloris plus fantaisistes les uns que les autres mais je vous conseille néanmoins de choisir un coloris sobre et plutôt sombre car les coloris les plus clairs ont tendance à jaunir avec le temps.

Conseil n°3 : préférez un embout à anneau pour pouvoir l'enlever facilement. Lorsque l'on débute et que l'on n'est pas forcément à l'aise avec l'objet il vaut mieux mettre toutes les chances de son coté. Pour information : il existe différents embouts : anneau, tige, boule ou sans embout.

Conseil n°4 : stérilisez votre cup avant chaque cycle. Vous pouvez acheter un stérilisateur sur le site que je vous ai recommandé ici. Petit bémol : il est en plastique. C'est une solution qui n'est pas, à mon sens, tip-top car vous allez y mettre votre cup recouverte d'eau bouillante pour la stérilisation et le plastique libère des nano-particules néfastes pour la santé au contact du chaud. Si comme moi vous essayez au max de bannir le plastique de vos vies, un contenant en verre avec un couvercle dans lequel vous verserez de l'eau préalablement bouillie fera largement l'affaire !

Conseil n°5 : ne vous laissez pas impressionner ! La cup peut être surprenante de par sa taille et sa forme. La réaction pré-citée est classique, c'est normal ! C'est une réaction logique à l'inconnu, à une nouvelle gestuelle ... rappelez-vous les habitudes ont la vie dure ! Posez-vous, lisez la notice de votre cup et suivez les instructions. Pour les premières fois, portez-la chez vous pour éviter les fuites si vous n'arrivez pas à la placer, entraînez-vous au calme dans votre environnement. La manipulation d'une cup nécessite que vous soyez à l'aise avec votre corps car il faudra y aller avec les doigts... La cup est souple, elle peut se plier en deux, en quatre pour être insérée plus facilement. A vous de trouver votre gestuelle pour prendre confiance. 

Personnellement je procède ainsi : après l'avoir pliée en 4, je l'insère à l'entrée de mon vagin, je laisse la fin de ma cup dépasser, je fais un tour complet avec celle-ci. Ainsi elle se déploie a l'intérieur et pour finir je la pousse pour ne laisser dépasser que l'embout et aucun soucis de fuite. A chacune de trouver sa technique ;) Une cup bien placée ne se sent absolument pas. Si vous sentez une gêne c'est qu'elle n'est pas bien déployée, qu'elle est trop en bas, ou trop en haut. Tout cela risque de prendre un peu de temps pour vous y habituer, c'est normal rassurez-vous.

Conseil n°6 : ne paniquez pas ! Si vous n'arrivez pas à enlever votre cup, allez-y en douceur, ne vous précipitez pas, soyez détendue sinon cela ne fonctionnera pas et vous risquerez de vous faire mal. Attention à l'effet ventouse quand vous la retirez. Pour que tout se passe bien il suffit de pincer légèrement votre cup à l'entrée de votre vagin avec deux doigts pour faire un appel d'air puis de la retirer aisément.

Conseil n°7 : vider votre cup toutes les 4h afin de prévenir le SCT.

Conseil n°8 : videz votre cup et rincez-la entre deux changes, mais ne la rincez jamais à l'eau chaude au risque de cuire le sang ! Il faudra toujours rincer votre cup à l'eau froide (sans savon évidemment !) avant de la ré-inserer dans votre vagin. Nul besoin de la re-stériliser entre les changes, seulement avant chaque cycle.

Petite information technique : c'est une nouvelle habitude de change à adopter. Maintenant, il faudra avoir de quoi rincer votre cup en allant aux toilettes. Personnellement, je prévois toujours une gourde pour faire couler de l'eau sur ma cup en la rinçant au dessus de la cuvette. L'idéal c'est d'avoir un évier privatif mais ce n'est pas toujours le cas, car aller nettoyer sa cup dans l'évier commun à côté des collègues par exemple c'est moyen, j'en conviens ! 😆 Vous pouvez tout à fait vider votre cup, ne pas la rincer à l'eau et la ré-insérer, mais personnellement je préfère la rincer de mon côté, à chacune sa méthode.


LA CUP, C'EST MERVEILLEUX !

Vous l'aurez compris la cup est un concept merveilleux auquel il faut seulement s'habituer. Je l'utilise depuis maintenant quelques années entre autres protections périodiques et j'en suis tellement contente. Avec une cup, il est tout à fait possible d'aller à la piscine, d'aller au sport, ect. Elle est une bonne alternative sanitaire car sans risque pour la santé, mais aussi une alternative zéro-déchet car elle est réutilisable. C'est aussi une solution économique car sa durée de vie est entre 5 à 10 ans, elle coûte entre 15 et 20e à l'achat (le prix peut varier en fonction des marques) mais le calcul est vite fait, vous ferez des économie sur le long terme !

Alors êtes-vous déjà passé à la cup ? Convaincue ou effrayée ? 😃



6 commentaires:

  1. Bonjour,

    Merci pour tous ces conseils, après mon accouchement je pense aussi passer à des protections périodiques plus durable, cup, culottes menstruelles ou les deux. Utilise tu des culottes menstruelles ? Si oui as tu une marque à conseiller ?
    J'adore ton compte insta et ton blog. J'admire ta nouvelle façon de consommer, merci de nous inspirer.

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  2. J'ai toujours voulu me lancer mais j'avais peur et personne autour de moi ne connais alors ton article très détaillé est une bénédiction. J'ai acheté cet après midi ma première cup grâce à toi merci <3

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  3. Vas tu faire un article ou vidéo sur les culottes de règles ? La cup me fait trop trop peur ...

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  4. Merci pour cet article sans tabou, ça fait du bien en 2019 de lire un article comme le tiens. Tu es inspirante et on a envie de suivre tes conseils. Mille merci !!!! Alexia alias Sweet jazz vintage

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  5. Franchement ... j'aime tellement le nouveau toi et ta nouvelle ligne édito depuis un an je suis fan de ton tournant dans la vie ! Trop intéréssante !

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  6. Je découvre ton blog via ton insta, trop contente !

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